mercredi 25 mars 2009

The Soul Of A Man-Wim Wenders

Dans la série "Martin Scorcese présente le Blues", j'ai regardé récemment le film de Wenders. Pour ceux qui ne connaissent pas la série, Scorcese a confié à 6 réalisateurs plus lui-même la réalisation de 7 films sur le blues, l'ensemble est paru en 2003 et réunit, oh, si peu, Scorcese, Wenders, Eastwood, Figgis...et donc, ça parle de blues. Sans déconner.

The Soul Of a Man étudie l'histoire du blues à travers 3 de ses représentants: Blind Willie Johnson (qui n'est pas le frère de Robert), Skip James et JB Lenoir.

Franchement? Allez, je ne connaissais que (très) vaguement le premier. Leurs histoires sont de celles qui ont motivé un article célèbre de notre confrères des Pierres-qui-Roulent, M. Pentaminor.

Blind Willie est mort en 1945 des suites des brulûres liées à un incendie, l'hopital du coin ayant jugé inutile de soigner un noir, aveugle en plus...





(issu du film de Wenders, on ne possède en fait qu'une seule photo de BWJ, soit moitié moins que Robert Johnson, ce qui n'en fait pas non plus son demi-frère.)


JB Lenoir est mort en 1967 des suites d'un accident de voiture, l'hopital du coin ayant jugé qu'il n'était pas vraiment blessé. Renvoyé chez lui, il mourut 1 heure plus tard d'une hémorragie interne.




(Slow Down, le pattern est très semblable à celui de "Key To The Highway" - matez la "archtop", je ne vois pas la marque, on dirait une Eastman d'aujourd'hui...)


Skip James a joué le blues jusqu'en 1931, après quoi, il est allé faire autre chose. Probablement prêtre baptiste. En 1964, il a été retrouvé en train de mourir d'un cancer à l'hôpital du coin. On l'a ressorti pour le festival de Newport. L'année suivante, Cream reprenait son "I'm So Glad", ce qui a payé les frais d'hosto, à permis à Skip d'être opéré de son cancer, et de n'en mourir que 3 ans plus tard, en ayant enregistré plein de nouvelles chansons entre temps.




(Crow Jane, reprise maintes fois, tiens par l'ami Derek Trucks, entre autres - images issues du film, mais c'est bien Skip James, avec sa voix haut perchée { au passage, Hard Times Killing Floor, c'est de lui} et son remarquable picking)

Les 3 bonshommes sont considérés comme des influences majeures du blues et, Damn It!, je veux bien le croire, Johnson pour son lien avec le chant religieux (et pas avec Robert, donc) et sa voix rauque, James pour son chant particulier et son picking précurseur, et enfin Lenoir pour son évolution vers un blues "revendicatif" (Alabama, Vietnam Blues) et ses interprétations plus "modernes".

Moralité?

Écoutez ces 3 artistes.
Procurez vous les films de la série The Blues, par Martin Scorcese.
Venez voir mon blog
Écoutez aussi du blues.
Sortez couverts.
Jouez du blues de la musique.

Lorsque JB Lenoir est mort, John Mayall a composé "The Death Of JB Lenoir", un superbe blues qu'il a interprété avec les Bluesbreakers. Magnifique.




Liens utiles

# musique
Nehemiah "Skip" James
Blind Willie Johnson
JB Lenoir
Robert Johnson
John Mayall
Blues

#cinéma
Martin Scorcese
Wim Wenders
Martin Scorcese présente Le Blues

"...'cause I had heard...and said hey, this is the blues, this is what it's all about..." (Hubert Sumlin)

10 commentaires:

Sobe a dit…

Je connaissais Blind Willie Johnson qui fait effectivement des choses assez originales entre Blues et Spiritual. Par contre, c'est moi, ou l'acteur qui l'interprète dans le petit clip est celui qui joue Tommy Johnson dans O'Brothers ?

Skip James est effectivement très intéressant musicalement : assez proches de Robert Johnson par certains côtés : répertoire, voix...

Lefty a dit…

@Sobe

ach, ça c'est du visuel!!!
l'acteur qui joue Blind Willie est en fait Chris Thomas King, qui est aussi un musicien de blues ET qui joue Tommy Johnson dans O Brother ("...et ce soir, pour rétablir les valeurs de notre civilisation chrétienne, etc..." - drôle de coïncidence, non?)
c'est bon, tu n'as pas besoin de lunettes!
je pense que le fait qu'il est un vrai musicien de blues a dû l'aider...

agatzebluz a dit…

Ce film est terrible, je suis sorti du ciné avec des larmes pleins les yeux. Trop d'émotions.
Sans compter qu'on apprend plein de truc, comme le fait que Skip James était au moins aussi bon pianiste que guitariste.

Bref à conseiller chaudement à tout adepte de la musique bleue et aux autres aussi.

Lefty a dit…

@Agatzeblues

c'est vrai que le taux d'émotion est bien chargé, et que ce truc est a conseiller à tous ceux qui aiment la musique, au sens large.

Aeux a dit…

Je n'ai pour le moment vu que les trois premiers dvd de ce coffret, je dois dire que pour l'instant c'est celui qui m'a le plus emballé. Comme le dit Agatzebluz, c'est aussi le plus émouvant. En plus il m'a permis de découvrir JB Lenoir que je méconnaissais totalement.
Un super coffret à ne pas manquer pour les amoureux du Blues.(D'ailleurs recommandé par Patwon, toujours de bon conseil)

Lefty a dit…

@Aeux
alors, je mène 4 DVD à 3...^^
c'est vrai que de tous les points de vue (histoire, musique, société, etc...), il n'y a rien à jeter!

François a dit…

émotion bien évidemment partagée pour cette série de référence et notamment ce Soul of a Man qui m'a bien scotché..Tiens je vais le revoir. Du coup.

Il me manque le Eastwood. Question de piano peut être.Je sais pas.

Lefty a dit…

@ François

sur les 4 que j'ai vus, le Eastwood n'est pas mon préféré, même si je suis un hyperfan de Clint. question de piano, peut-être.
ou alors, aucun pianiste ne s'appelle Johnson...

Olivier a dit…

La 1ère fois que j'ai vu Skip James joué dans ce film, il m'a scotché. Sinon, il y a des hauts et des bas dans ce coffret mais somme toute, c'est toujours intéressant.

Lefty a dit…

@Olivier

j'attends d'avoir vu les 3 qui me manquent
The Soul of a Man, La route de Memphis, Red and White Blues: géants...
Piano blues (Eastwood): assez moyen, je suis un peu déçu, vu ma fanitude absolu de Blondin, Harry, appelle-le comme tu veux..
restent From Mississipi to Mali, Devil's Fire et Godfathers and sons à voir...

Creative Commons License
Cette création est mise à disposition sous un contrat Creative Commons.